Big Bill Broonzy

Né William Lee Conley le 26 Juin 1898 à Scott, Mississippi.
Quand vous écrirez sur moi, s'il vous plait ne dites pas que je suis un musicien de Jazz. Ne dites pas que je suis un musicien ou un guitariste, écrivez seulement "Big Bill Broonzy était un chanteur de blues bien connu qui a enregistré 260 chansons de 1925 jusqu'en 1952. Il était heureux quand il était ivre et jouait avec des femmes. Il était aimé par tous les chanteurs de Blues, certains pouvait être jaloux parfois, mais Bill leur payait une bouteille de whisky et ils se mettaient tous à rire et à jouer encore une fois".
Big Bill Broonzy naquit dans une famille nombreuse. Ses parents étaient métayer, ce qui leur assurait un petit revenu. Big Bill apprit très jeune à jouer de la musique. D'abord le violon, fait main, puis la guitare. A 14 ans il jouait déjà pour quelques pourboires dans les bals country et les pique-niques avec son demi-frère Washboard Sam.
En 1915 il devint métayer lui aussi. Mais une sécheresse ayant détruit la récolte, il se fit embaucher comme mineur dans une mine de charbon. Cela dura un an, avant qu'il rejoindre la troupe pour se battre lors de la première guerre mondiale.
Au retour de la guerre il décida de vivre comme chanteur et guitariste. Il partit pour Chicago, où au contact de Papa Charlie Jackson il apprit à perfectionner son jeu à la guitare. Ce dernier l'introduisit aussi dans le monde des companies de disques. A chicago il joua sur scène avec Tampa Red et Sonny Boy Willamson.
Il enregistra ses premières faces dans les années 1920 pour la Paramount et s'y tailla une réputation de joueur de downhome blues à l'époque où le country blues devenait à la mode. Il enregistra aussi beaucoup dans les années trente, ne gagnant pas beaucoup mais faisant la fortune des cadres des maisons de diques.
Il connut une gloire nationale avec John Hammond lorsuq'il fut le premier noir à se produire au Carnegie Hall dans la revue From Spirituals to Swing.
Cependant le Blues électrique de Chicago commence à remplacer dans le coeur du public le country blues. Big Bill Broonzy passa donc de mauvais moment dans les années quarante, refusant de sacrifier son blues à la mode électrique.
En 1951 il rencontra Hugues Panassié, imprésario français de jazz et de blues. Il arrangea une tournée européenne. Dès ses débuts à Paris, Big Bill acquis une renommée européenne, certains le qualifiant de "roi du blues". Il joua aussi en Angleterre, et revint une fois en France.
Avec l'aide de Yannick Bruynoghe, il écrivit son autobiographie en 1955 : Big Bill's Blues. Ce fut un des premiers livres relaltant la vie d'un bluesman. Deux ans plus tard il attrappa un cancer de la gorge, puis s'éteignit en 1958.
De son style on retiendra une maitrise de la guitare picking, jouant des rags et des boogies complexes, chantant des paroles plus évoluées que la majeure partie des autres bluesmen. Souvent ses textes ont deux lectures, une simple qui raconte une histoire banale, et une au second degré qui pose un problème, souvent de relation entre hommes et femmes et blancs et noirs. Ce regard critique ne l'a nullement empêché de mettre dans ses chansons une bonne dose d'humour.
Il joua entre autres avec Sonny Terry et Brownie McGhee qui lui dit un jour que les bons blues parlent des trois éléments principaux de l'existence d'un homme, le whisky, les femmes et l'argent.
Mort le 15 Aout 1958.
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